Deux couvreurs sont morts la semaine dernière après une chute depuis un toit, l’un dans l’Oise, l’autre dans le Puy-de-Dôme, tous deux sur des chantiers de particuliers. Ces drames rappellent une réalité du métier : la chute de hauteur reste le premier danger sur une toiture, et la façon dont un chantier est préparé, y compris chez vous, pèse directement sur la sécurité de ceux qui y travaillent.
Plan de l'article
Que s’est-il passé à Laigneville et à Ceyssat ? #
Le premier accident a eu lieu le vendredi 9 octobre vers 11 h 30 à Laigneville, dans l’Oise. D’après Actu.fr, un ouvrier qui travaillait pour une société de couverture du département est tombé de 7 mètres dans la cour intérieure de la maison qu’il rénovait. Le parquet de Beauvais a ouvert une enquête pour homicide involontaire, et l’inspection du travail a été sollicitée, notamment sur les équipements de sécurité.
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Le second accident s’est produit à Ceyssat, près de Clermont-Ferrand, lui aussi sur le chantier d’un particulier. Selon ici Pays d’Auvergne, le patron d’une entreprise de couverture, âgé de 58 ans, est passé au travers d’un toit en fibrociment et a chuté d’environ 10 mètres. Les pompiers et l’hélicoptère Dragon 63 ont été mobilisés, sans pouvoir le sauver.
Pourquoi la toiture est-elle un poste si dangereux ? #
Les chiffres de prévention sont clairs. L’INRS, l’organisme de référence en santé au travail, indique que les chutes de hauteur représentaient 11 % des accidents du travail ayant entraîné au moins quatre jours d’arrêt en 2019, et qu’elles sont la deuxième cause d’accidents mortels au travail. C’est dans la construction que leur proportion et leurs conséquences sont les plus lourdes.
Sur un toit, les risques s’additionnent : pente, tuiles ou ardoises glissantes après la pluie, rives et bords de toiture sans protection, et surtout matériaux qui ne supportent pas le poids d’une personne. Plaques en fibrociment, verrières, puits de lumière ou vieilles plaques translucides peuvent céder sans prévenir sous un pied mal placé.
Le cas particulier des toits en fibrociment
L’accident de Ceyssat illustre un piège bien connu des couvreurs. Une toiture en plaques ondulées, fréquente sur les garages, les annexes et les bâtiments agricoles, paraît solide vue d’en bas. Elle ne l’est pas : on ne doit jamais y marcher directement. Le travail se fait depuis des chemins de circulation posés sur la structure, avec des filets ou des dispositifs qui empêchent de passer à travers. Les plaques anciennes peuvent en outre contenir de l’amiante, ce qui impose des règles de chantier spécifiques.
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Ce que la prévention prévoit sur un chantier de couverture #
Le principe posé par le Code du travail et rappelé par l’INRS est simple : l’employeur doit d’abord supprimer ou réduire le risque, en privilégiant les protections collectives. Concrètement, cela veut dire des garde-corps en bord de toiture, un échafaudage de pied ou une nacelle plutôt qu’une échelle posée contre la gouttière, et des filets sous les zones fragiles. Le harnais individuel vient en complément, quand une protection collective ne peut pas être installée.
Ces équipements prennent du temps à monter et ont un coût. C’est pourquoi un devis de couverture sérieux les mentionne : location d’échafaudage, nacelle, protections de rive. Un prix très bas qui ne prévoit rien de tout cela doit faire réfléchir.
Ce que vous pouvez faire en tant que particulier #
Vous n’êtes pas chef de chantier, mais vos choix comptent. Avant de signer, demandez au couvreur comment il prévoit d’accéder au toit et de se protéger, et vérifiez que le devis le dit noir sur blanc. Signalez-lui tout ce que vous savez de votre toiture : plaques en fibrociment sur une annexe, verrière, puits de lumière, charpente ancienne ou fragilisée.
Facilitez aussi l’installation : un accès dégagé pour l’échafaudage, l’accord du voisin si celui-ci doit être monté en limite de propriété, et un peu de souplesse sur le calendrier si la météo rend la toiture glissante. Un artisan qui repousse son intervention à cause de la pluie ou du vent fait le bon choix.
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Et surtout, ne montez pas vous-même
Après un coup de vent d’automne, la tentation est grande de grimper sur le toit pour remettre une tuile ou dégager une gouttière. Les accidents de chute ne concernent pas que les professionnels. Constatez les dégâts depuis le sol ou une fenêtre, prenez des photos pour votre assurance, et laissez l’intervention à un couvreur équipé.
Questions fréquentes #
Un couvreur doit-il installer un échafaudage pour une petite réparation ?
Pas forcément un échafaudage complet, mais une protection adaptée contre la chute est nécessaire dès qu’il y a un risque. Selon le chantier, ce peut être une nacelle, des garde-corps provisoires ou, en dernier recours, un harnais relié à un point d’ancrage.
Peut-on marcher sur un toit en fibrociment ?
Non. Ces plaques ne sont pas conçues pour supporter le poids d’une personne. Les professionnels travaillent depuis des passerelles posées sur la charpente et des dispositifs anti-chute.
Que vérifier sur un devis de couverture ?
La description des travaux et des matériaux, mais aussi les moyens d’accès et de sécurité prévus : échafaudage, nacelle, protections de rive. Leur absence sur un chantier en hauteur est un signal d’alerte.

